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 The Bloodstone of Cerillion Chapitre 9

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Farmace
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MessageSujet: The Bloodstone of Cerillion Chapitre 9   Mar 31 Mai - 15:21

Neuf

Les griffes du zombie raclaient le casque de Drak Sogursson, cherchant à atteindre la chair tendre de son cou pour y creuser profondément. Le Garde de Fer laissa s’échapper un cri de rage et lança durement son coude en arrière, délogeant son attaquant, mais deux autres titubaient dans sa direction, l’acculant contre le mur. L’un mordit dans son bras tandis que l’autre s’accrochait à la partie que l’autre créature avait ouverte dans son cou. Ses cris de douleur se perdirent dans les bruits des combats alors qu’il tombait à genoux, déchirant le cuir chevelu de la créature lui ayant infligé sa dernière blessure, enfonçant ses doigts dans son cerveau pourri.

Le petit groupe de Balek s’était retrouvé coincé dans un long couloir, les zombies arrivant sur eux depuis les deux directions. A présent ils combattaient pour leur vie contre une marée nauséabonde d’ennemis semblant infinie. Ils étaient plutôt faciles à tuer, individuellement, mais c’était comme tenter de retenir l’océan.

Grimm, Grungi et Thorak montaient la garde sur leurs arrières, gardant un rythme de tir soutenu afin de diminuer le nombre d’ennemis qui avançaient derrière eux. Throf et Orlun, deux Gardes de Fer, frappèrent de leurs marteaux quiconque passait outre leur fusillade. Dark s’était tenu auprès d’eux jusqu’à quelques instants auparavant, et ils sentaient la pression qui augmentait.
De front, Holk et Farund menaient l’avancée. Le marteau à deux mains de Holk se révélait difficile à utiliser dans le couloir exigu, il l’avait donc troqué pour sa hache à une main. Manquant d’un bouclier, il repoussait les zombies de sa main libre ou s’en servait pour les diriger tête la première dans les murs. Le style de combat de Farund était beaucoup plus organisé, lever et abaisser sa hache de façon systématique jetant à bas un ennemi à chaque répétition du geste. Son boitement s’était accentué à mesure qu’ils avaient continué leur percée plus profondément dans le labyrinthe des couloirs, mais il persistait à refuser d’admettre sa blessure.

Balek se tenait au centre avec Jodur, le dernier Garde de Fer, qui tenait une hache avec son bras valide. Le second pendait inutilement à son côté ; un zombie s’était accroché à son épaule et bien que sa résistante armure de cuir ait empêché les dents de déchirer la peau, la pression exercée semblait avoir été suffisante pour casser sa clavicule. Il vérifierait ça plus tard ; pour l’instant, il se tenait au centre du groupe, se déchainant contre quiconque approchait de leur seigneur. Il se tourna vers Balek du sang striant son visage.

« Tu tiens le coup seigneur ? »

« Te soucie pas de moi, comment va ton épaule ? »

Le guerrier se fendit d’un large sourire. « Oh, je tiens le coup. » Il se tourna alors qu’un cadavre ambulant passait à côté du guerrier le plus proche, le décapitant d’un coup latéral de sa hache, « Je transpire un peu, c’est tout. »

Devant eux, Holk balança son front recouvert de métal à travers le crâne pourri d’un zombie, éparpillant des morceaux d’os et de cervelle. Il se tourna vers Jodur avec un air renfrogné. « Oublie ta sueur, j’ai une soif infernale. » Il enroula son avant-bras charnu autour du cou d'un zombie qui était sur le point de se glisser vers le flanc de Farund, contractant le muscle avec force jusqu’à ce que sa colonne vertébrale se brise.

A l’arrière du groupe, Grimm parla sans lever les yeux du point qu’il visait pour son futur tir. « La première tournée est pour toi, Holk. Tu connais les règles, le premier à en parler paye les bières. » Son fusil rugit, décapitant deux ennemis d’un seul coup.

La hache de Balek fendit l’un des morts-vivants du coup jusqu’à l’aine. « Je vais vous dire les gars, amenez nous à la Chambre Forte et je vous achète à tous une brasserie. »
La réponse exacte de Throf fut dure à entendre par-dessus le son du fusil de Grungi, mais cela concernait le fait de faire des promesses qu’on n’avait pas l’intention de tenir.
« Oh, je suis mortellement sérieux, » dit Balek, poussant jusqu’à la ligne de front pour se tenir aux côtés de Holk et Farund alors qu’il voyait le nombre d’ennemis devant eux diminuer. « Maintenant serrez les rangs – on pousse vers l’avant ! »

Jodur retourna en arrière pour soutenir l’arrière-garde alors qu’ils commençaient à reculer, combattant tout en faisant retraite. Grungi y alla en premier, vérifiant ses munitions alors qu’il partait. Il secoua la tête de mécontentement.

« Il ne me reste qu’une douzaine de balles. Grimm, où en est ton stock ? »

« Tu les gardais pour une occasion spéciale ou quoi ? Il m’en reste sept. Et toi mon gars ? »

Thorak mit la main dans la pochette à sa ceinture, comptant tandis qu’il marchait à reculons. Il était sur le point de répondre quand sa botte buta contre une dalle légèrement saillante et il tomba en arrière, atterrissant lourdement sur un zombie désarticulé laissé pour mort. Il enroula son bras autour de lui, l’empoignant de ses doigts froids comme de la glace. Une main s’accrocha à son visage, et il laissa s’échapper un cri de douleur quand ses griffes acérées creusèrent dans la cavité de son œil gauche. Les deux Gardes de Fer se précipitèrent à côté de lui, Grungi le tirant pour le libérer tandis que la botte de Grimm s’abattait à travers le crâne fragile. L’œil du jeune nain était en ruines.

Derrière eux Orlun tomba, assailli par trois créatures en même temps. Il en abattit deux avec de rapides coups de son marteau, défonçant leur crâne en un instant, avant de succomber sous les dents du troisième. Il rugit de rage, soulevant au loin les poids morts et roulant au-dessus de son assaillant. Il recula et la chair se sépara de son cou dans un ignoble son de déchirement. Agrippant d’une main la blessure en lambeaux afin d’en interrompre le flot de sang, il fracassa le crâne du zombie, mais avant qu’il ne puisse se remettre sur ses pieds deux autres étaient sur lui. Throf et Jorlun vinrent à son secours, frappant dans leur direction avec des coups violents qui les écrasèrent contre les murs du couloir. Ils continuaient d’arriver, se glissant à travers la porte d’une salle à manger poussiéreuse, et en quelques instants tous les trois furent submergés.

Balek regarda en arrière en entendant leurs hurlements de douleur, et il se demanda combien d’autres mort-vivants il restait dans le tunnel derrière eux.

« Avancez ! », rugit-il, alors que les deux Gardes de Fer épaulaient leurs mousquets et soulevaient un compagnon blessé pour la seconde fois en autant d’heures. Ils coururent pour rattraper Holk, Balek et Farund en faisant une percée à travers les zombies restants. Les nains battus se pressèrent dans le couloir aussi rapidement qu’ils l’osaient, les cris des mourants et les gémissements des morts qui s’évanouissaient dans les ténèbres derrière eux.

***

Ils s’arrêtèrent pour se reposer dix minutes après que le dernier son se soit évanoui derrière eux. A ce stade ils étaient loin en dessous de la ligne d’Alendar, dans l’un des nombreux et longs tunnels menant aux lointaines mines en fonction. Inconnues de la plupart d’entre eux, ce tunnel menait également à l’une des entrées secrètes de la Chambre Forte.

En tant que seigneur de Mox, Balek avait gardé en mémoire chaque passage de la grande forteresse, et il n’avait aucun problème pour se rappeler précisément de là où ils étaient. Il les avait menés à une petite alcôve, où, après avoir tiré un levier caché, un panneau qui aurait été invisible autrement glissa pour révéler des denrées alimentaires préservées et un puits. Des panneaux comme celui-ci étaient cachés à travers les plus profondes cavernes de la forteresse, mises en place pour que les mineurs ne meurent pas de faim en attendant les secours en cas d’éboulement. Les nains mangèrent voracement, regardant à tour de rôle dans les tunnels en quête d’un signe de poursuite.

Quand ils eurent mangé ils inspectèrent leurs blessures. Farund autorisa à contrecœur Grungi à examiner à sa jambe blessée ; il s’avéra que son fémur était fracturé. Il statua sobrement qu’il était bien au courant de cela, mais qu’on ne pouvait pas y faire grand-chose jusqu’à ce que leur mission soit terminée, et qu’il ne s’était donc pas embêté à mentionner la chose.

L’œil de Thorak était un amas de pulpe dont les restes coulaient sur sa joue. Encore une fois, ils ne pouvaient pas faire grand-chose, mais Grimm nettoya la cavité du mieux qu’il put avec de l’eau du puits et la recouvrit avec de l’ouate présente dans la poche de sa ceinture. Le jeune nain semblait plus s’inquiéter par le fait qu’il avait manqué son tir que du fait que du fait que sa capacité à user d’un mousquet était de toute façon disparue, mais Balek supposait qu’il essayait de suivre l’exemple de son capitaine et minimisait sa blessure du mieux qu’il le pouvait. Quoi qu’il en fût, cela était révélateur d’un courage impressionnant. S’ils s’en sortaient vivants, il verrait bien son camarade à la tête de son propre régiment un jour.

Ils s’arrêtèrent aussi peu que possible, refermant les compartiments cachés une fois que Grimm en eut finit avec l’œil de Thorak et rassemblant leurs affaires avant de lever le camp à nouveau.
Le tunnel se prolongeait sur une courte distance avant de s’ouvrir sur une grande artère, une des routes principales avec plusieurs tunnels qui en émergeaient. Il était assez large pour que dix nains en armure complète puissent y avancer de front sans ralentir. Alors qu’ils s’en approchaient, un long grognement grave s’échappa des ténèbres au-devant. Balek ordonna au groupe de faire halte. Leurs armes furent prêtes en un battement de cœur. Les doigts se resserrèrent sur les manches des armes et les Gardes de Fer levèrent leur mousquet par anticipation alors que le groupe prenait le prochain tournant.

Quelque chose de grand bougea devant eux dans le couloir bien éclairé, et cela leur prit un moment pour le reconnaître. Un troll ! Sa chair était déchirée et pourrie, la peau pendant en lambeaux depuis une multitude de blessures. Dans une main il tenait le corps sans vie d’un nain, et alors qu’ils regardaient, horrifiés, il leva le corps du malheureux à sa bouche et mordit profondément dans son flanc, mâchant de manière désordonnée. Balek pouvait voir l’endroit où une épée ou une hache avait ouvert le crâne du troll. Son corps était également parsemé de d’entailles et de coupures à travers lesquels il pouvait voir l’os et les tissus morts. Quelque chose s’extirpa d’une blessure ; un orquelin, esclavagé de façon similaire par la puissante magie nécromantique. Il tomba au sol, se jetant sur les morceaux qui tombaient de la bouche du troll.

« Des orcs, » murmura Holk. « Exactement ce qu’il nous fallait. »

Balek secoua la tête. « Regarde-le. Il est mort depuis un bon moment. Peut-être que le nécromancien avaient des affaires à régler avec les orcs avant de venir à Mox, mais je doute qu’ils soient là. »

Grimm regarda autour d’eux. « Et où sommes-nous justement ? Comment se fait-il qu’ils soient devant nous ? »

Farund grogna. « Nous avons tournés à droite depuis un moment maintenant. Vous n’avez pas remarqué ? »

Balek acquiesça en direction du capitaine. « C’est la Route Sud. Si vous la prenez en direction du nord, elle débouche sur la partie inférieure des casernes. C’est probablement de là qu’il vient. La Chambre Forte n’est pas loin, mais il nous faut passer cette chose d’abord. »

Thorak parla, un très léger tremblement dans sa voix indiquant la douleur qu’il se donnait tant de mal à cacher. « Pourrait-on se glisser derrière lui ? »

Holk secoua la tête : « Les Morts-Vivants sont étonnamment bons pour repérer leurs proies. Il vaut mieux qu’on s’en occupe et qu’on en finisse avec lui. Cela ne devrait pas poser trop de problème. »

« Je suppose que t’as remarqué la présence du gros, » répondit Grimm, « Il n’y a pas que l’orquelin. »

Balek les fit tous les deux taire. « Holk a raison. Il faut qu’on s’en occupe, et qu’on prie pour qu’il soit seul. »

***

Hurlant le cri de guerre d’un millier de générations de Stronghelm, Balek se rua dans le couloir, son marteau tenu à deux mains, son bouclier protégeant son dos. Derrière lui suivaient ses cinq compagnons. Grimm et Grungi assuraient leurs arrières, tirant au-dessus des têtes de leurs frères avant de recharger prestement. Deux tirs trouvèrent leur cible, l’un touchant le troll à l’épaule et l’autre s’écrasant dans ses crocs. Il ne sembla pas le remarquer bougeant silencieusement la tête en direction des nains approchant.

Quatre d’entre eux déferlèrent sur lui, se précipitant avec des mouvements vifs, tranchant les parties exposées à coups de hache et de marteau. Farund fut le dernier à atteindre le troll, ralenti par sa blessure. Il passa à côté de Thorak, dont le bouclier venait tout juste de détourner le poing du monstre, et qui avait planté sa hache profondément dans la chair de son bras. La chair partit s’écraser sur le dallage dans un bruit humide, entrainant dans sa chute de la saleté et des asticots. Il avait attiré l’attention du troll, et il se déchaina contre lui de son autre bras. Il leva son bouclier mais le coup fut assez puissant pour briser le bois et déformer le métal. Il vola en arrière sur plusieurs mètres, atterrissant lourdement en lâchant son arme.

Grimm mit un genou à terre pour recharger son mousquet, jurant en cherchant dans la pochette de sa ceinture.

« C’est mon dernier tir. »

Grungi chercha dans la sienne et prit trois de ses propres balles, les faisant tomber dans la main de son camarade.

« Rate pas ton coup avec elles. »

« Je saurais qui blâmer si ça m’arrive. » Il soupira, retint sa respiration et tira. Le tir explosa l’œil droit du troll, avant de ressortir en éclatant l’arrière de son crâne, mais la bête resta debout.
Holk tenait sa nouvelle arme une fois de plus et la balança de toutes ses forces dans le flanc de la créature, cassant plusieurs de ses côtes.

« Et je trouvais que ces créatures sont dures à tuer quand elles sont vivantes ! »

Balek se baissa rapidement en dessous du bras du troll et frappa son genou, son marteau aplatissant la chair pourrie mais manquant de peu de défoncer l’os.

« Continuez juste à frapper cette foutue chose ! » Il recula à nouveau, serrant son arme aussi fort qu’il le pouvait au niveau du manche, et il porta son coup comme un bûcheron tentant d’abattre un arbre. Cette fois-ci il sentit son genou céder. La créature laissa s’échapper un beuglement gargouillant, puis il balança son poing vers le bas, juste devant le seigneur nain. Thorak vit venir le coup, et il poussa Balek de côté, prenant le coup à sa place. Le jeune nain s’écroula au sol, immobile, alors que Holk balançait son marteau dans la jambe intacte du monstre.

Grognant faiblement, un rugissement mort-vivant s’échappa de ses cordes vocales pourrissantes, son corps vacilla et tomba. Balek et Holk ne lui laissèrent aucune chance de se relever. En quelques instants, ses cris se transformèrent en gargouillis humides, et bientôt, le seul son audible était le souffle haletant des nains épuisés.

Grimm aida Farund à se remettre sur ses pieds. Le capitaine était en mauvais état ; son poignet était clairement cassé, et sa blessure à la jambe avait été aggravée par sa chute. Thorak était mort ; le puissant coup du troll lui avait broyé le crâne.

« Il a accompli son devoir en tant que Garde de Fer, » dit Farund à travers ses dents serrées. Balek lui lança un regard dur, mais il continua, « Donner sa vie pour son roi est la meilleure des morts qu’on puisse espérer. »

Toute idée de débat fut interrompue par un cri d’alarme de Grungi qui regardait le tunnel par lequel ils étaient arrivés dans la Route Sud.
« Ils nous ont trouvés ! »

Holk s’en retourna au croisement alors que l’arquebusier usait de son premier tir. Le tunnel était rempli de zombies qui se trouvaient à moins d’une centaine de mètres, et le tir de Grungi n’avait rien fait pour les ralentir.

Farund poussa la main de Grimm et récupéra sa hache. Il boita à travers le tunnel, fixant son roi d’un air égal. « Partez mon roi, je m’occupe de les retenir aussi longtemps que possible. » Son ton ne souffrait pas la moindre contestation.

« Je vais rester avec toi. Tu vas avoir besoin qu’on diminue leur nombre ou ils te passeront dessus comme la marée. » Grungi n’avait pas levé les yeux tandis qu’il rechargeait son fusil, et le leva à son épaule et soupira avant de tirer à nouveau.

Balek acquiesça solennellement. « Repliez-vous si vous le pouvez. Vous savez où nous allons.

Grungi sourit, sachant fort bien que cela n’arriverait pas. « Compris, sire. Allez-y à présent, avant que ce ne soit pour rien. »

Balek, Holk et Grimm se retournèrent sans un mot de plus et se pressèrent dans la Route Sud. Alors qu’ils tournaient à un autre croisement, les gémissements des morts-vivants résonnaient derrière eux. La détonation du mousquet de Grungi arriva en écho jusqu’à eux deux fois de plus, et après ça, il n’y eut plus que le silence.

***

Balek les mena jusqu’à un couloir de riche nue, à travers un labyrinthe de diverses jonctions. Il les guida à travers divers culs-de-sac apparents et passages portant la rune marquant un plafond effondré, et en peu de temps ils se retrouvèrent devant l’une des entrées cachées de la Chambre Forte : une large porte faite de fer et d’acier. Les délicates gravures de la structure retraçaient l’histoire des nains de Mox, une représentation complexe de leurs voyages en Abercarr, à travers ou par-dessus les montagnes, pour atteindre Elvenholme – un voyage ayant vu le départ d’une nouvelle vie, pleine d’opportunités. Le Grand Exode, tel qu’il était nommé, devenait une histoire d’héroïsme et de courage, de hauts faits et de nobles sacrifices par ceux désirant rejoindre le plus grand monde ayant suivi la guerre avec Hiver. Les anciennes gravures et motifs sur l’entrée de la Chambre Forte étaient un rappel du passé et un avertissement pour le futur.

Holk se dirigea vers la porte, mais Balek le retint tout juste avant que les doigts du guerrier n’atteignent la poignée de métal.

« Tu ne pensais pas vraiment que ce serait aussi évident, pas vrai ? » Balek fit plusieurs pas mesurés vers la gauche, tapota avec le manche de sa hache le long du mur, la remit à sa ceinture, puis se mit pousser lourdement sur une section du mur. Le son de la roche raclant le sol gronda tandis que la section de mur descendait pour révéler un passage menant dans les ténèbres.
Plusieurs torches étaient enchâssées dans des torchères fixées dans le nouveau passage. Balek les prit, et en confia une à chacun des autres membres du groupe. Préparant leurs armes une dernière fois, ils s’engagèrent à l’intérieur du tunnel. Balek abaissa un levier caché et la dalle gronda en retrouvant sa place, se scellant elle-même dans un bruit grondant.

Le bruit de leurs pas produisait un écho sourd alors qu’ils marchaient dans le couloir empoussiéré. Ils se déplaçaient lentement, leur seigneur menant l’avancée, vérifiant chaque dalle avant d’avancer. Le passage était truffé de pièges, dernières défenses conçues pour arrêter ceux qui seraient arrivés aussi loin ; de ce que Balek en savait, aucun d’entre eux n’avait jamais été utilisés, mais cela ne signifiait pas qu’ils n’étaient pas en état de marche.

Après ce qui sembla être une éternité, une brise fraiche commença à leur fouetter le visage. Les flammes des torches tremblèrent fortement et un faible bruissement souffla sur la route. Alors qu’ils s’approchaient doucement, une douce lumière commença à emplir le tunnel, les ombres reculant alors qu’ils atteignaient la fin des couloirs. L’un après l’autre ils éteignirent leurs torches, les laissant dans le corridor.

Balek se retourna pour faire face à ses compagnons, maintenant sa voix aussi basse que possible. « Au-delà de ce tournant, nous entrons dans la Chambre Forte. De ce qu’on en sait, l’ennemi est déjà à l’intérieur, alors soyez prêts à vous battre. » La pensée que qui que ce soit d’autre que le seigneur de Mox ait mis le pied dans le grand entrepôt était déjà assez étrange, et l’idée que l’ennemi puisse être à l’intérieur était un affront à tout ce qui leur était cher. « Sachez cela, afin de ne pas être distraits par ce que vous verrez : c’est une chambre vaste, remplie d’innombrables richesses et éclairée de lanternes qui brûlent éternellement. Un grand nombre de salles en émerge, toutes sauf une gardant un de nos précieux trésors. La dernière abrite la Pierre de Sang. Suivez-moi et n’ouvrez aucune porte à moins que je ne vous le dise. Avez-vous la moindre question avant que nous y allions ? »

Holk et Grimm secouèrent la tête et tinrent leurs armes prêtes.

Balek acquiesça et ils se glissèrent depuis le tunnel jusqu’au hall secret qui était la Chambre Forte de Mox.

***

La salle égalait aisément en hauteur celle de la grande courtine, son plafond presque invisible. Les murs scintillaient de la lumière des lanternes qui se réfléchissait sur des piles d’or, de gemmes, et d’anciens héritages. Les trois nains entrèrent, l’arme au clair, l’air sombre : même Holk s’était départi de son habituelle frivolité. Une seule porte était ouverte, ses gonds ayant été déchirés par un grand pouvoir. Devant elle se tenait le nécromancien, qui leur tournait le dos. Son gardien revenant se tenait à ses côtés comme un chien de garde loyal, une grande épée sanglée dans son dos.

« Intrus, montre ton visage ! » appela Balek.

Kronos se retourna. Il tenait dans sa main une chainette d’argent ; un joyau rouge enchâssé dans de l’or était suspendue à son bout. Les yeux du nécromancien s’étrécirent en reconnaissant son armure.

« Tu es le nain qui a détruit mes catapultes. A en juger par tes atours, je ne peux que supposer que tu es le seigneur de cette forteresse ? »

« Comment as-tu trouvé cet endroit ? La plupart de mes gens n’en connait même pas le chemin.

Le sourire méprisant du nécromancien transpirait le contentement : « Tes secrets sont aussi transparents pour moi que de l’eau, nain, ils ne peuvent nullement contrarier mes desseins. »

« Pars maintenant, » les yeux du vétéran ne quittaient jamais Kronos, « où meurs aujourd’hui, sombre engeance ! »

« J’ai déjà obtenu ma récompense. Pourquoi resterais-je ? L’heure s’avance et ma dame et moi avons des choses à mettre en place. Tes pathétiques salles runiques ne peuvent rien faire pour empêcher notre échappée. »

« Tu ne prendras pas la pierre. Elle ne quittera jamais ce hall, et toi non-plus si tu poursuis cette folie. »

« Je peux t’assurer qu’elle va sortir d’ici, tout comme moi. Vous, en revanche… Heryk, s’il te plait ? »

Le revenant géant s’avança, dégainant son épée. Ses mouvements étaient lents et réfléchis, comme ceux d’un homme marchant à travers un cours d’eau, mais le pouvoir animant son corps embaumé était clairement visible. Il posa fermement son pied au sol et dressa son épée verticalement, en position de garde classique. Il rugit dans leur direction : le cri horrible d’une âme torturée.

Grimm fit feu de son mousquet sans un mot d’avertissement. Le tir fut net, percutant la gorge de la créature et brisant son épine dorsale. Sa tête se mit à pendre et ses yeux s’assombrirent sous la force du terrible choc qui endommagea sa connexion avec son maître. Il s’écroula, en un amas sans vie.

Avant que Kronos ne puisse réagir, Balek bougea. Il se lança en avant, son marteau de guerre brandit bien haut. Holk chargea derrière lui, hurlant le cri de guerre « Pour Mox ! » Le nécromancien fit un geste étonnamment rapide de son bâton, arrachant le mousquet des mains de Grimm avec un éclar d’énergie arcanique avant qu’il ne puisse recharger. Le seigneur nain balança son marteau du Kronos de toutes ses forces, déterminé à mettre fin à cette folie avant qu’elle n’aille plus loin. Si la liche parvenait à s’enfuit avec la pierre, qui sait quelles calamités pourraient advenir ?

Son coup atteignit le nécromancien à la poitrine. Ce fut comme frapper du vieux bois ; Balek s’était attendu à ce que la poitrine du vieil homme cède sous son coup, mais il ne le fit que reculer. Holk suivit avec en frappant à son tour ; Kronos détourna son coup sur le côté avec son bâton et riposta d’une explosion de pouvoir venue de sa main tendue, repoussant le guerrier en arrière. Balek ne lui donna pas le temps de se remettre, frappant par-dessous et balayant la jambe du nécromancien. La manœuvre fonctionna, et Kronos bascula sur le sol alors que son genou cédait. Holk bondit, frappant violemment de son pied le poignet du mage avant qu’il ne puisse lever son bâton.

Kronos leva son autre main et commença à chanter. La Pierre de Sang toujours prise dans l’étreinte de ses doigts pendait, accrochée à sa chaine. Les yeux de Balek le firent souffrir quand il la regarda, et il se demanda une nouvelle fois quel sombre pouvoir était contenu dans ses facettes chatoyantes. Il réalisa soudainement qu’il ne pouvait en détacher son regard. Pas plus qu’il ne pouvait bouger ses membres. Lentement, un étrange brouillard emplissant son esprit, il laissa son arme choir sur le sol.

Holk gronda et lança son marteau par-dessus tête de toutes ses forces, visant le bras tenant la Pierre de Sang. La gemme fut arrachée de la poigne du nécromancien et tomba sur le sol à côté de lui. L’esprit de Balek s’éclaircit, le sort brisé, et il fixa la misérable créature à ses pieds. Kronos recula devant son regard.

« Cela s’arrête ici. La Pierre de Sang de Cerillion meurt avec toi. »

Il leva son marteau. Ses yeux irradiaient de fureur quand il l’abattit sur la pierre.

La porte de sa prison ouverte, Maegana la Rouge revint sur le plan mortel.
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Grimaldus

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MessageSujet: Re: The Bloodstone of Cerillion Chapitre 9   Mar 31 Mai - 15:36

Saleté de Nabot !

Ils ont tué un des personnages les plus classes ! Quelle classe, ce Heryk !

EDIT: MERCI !!!
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Prince Calirion

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MessageSujet: Re: The Bloodstone of Cerillion Chapitre 9   Mar 31 Mai - 17:14

Grandiose ce chapitre ! J'adore.

Une belle échappée à la résident evil!

Ils assurent ces nains y a pas à dire.

Un très grand merci à toi! Ça a été la bonne surprise de la journée !
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Farmace
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MessageSujet: Re: The Bloodstone of Cerillion Chapitre 9   Mar 31 Mai - 17:24

Pas de quoi, ça fait plaisir de savoir que ça fait des heureux ^^

Merci à tous les deux de me montrer que mon boulot est suivi, même quand ça prend du temps !

Très honnêtement je suis extrêmement déçu par cette scène finale, je la trouve incohérente et limite bâclée. Ce personnage de Heryk était présent dès le début de l'histoire dans la scène de négociation avec les orcs, il était présenté comme le grand garde du corps, l'ultime rempart du grand méchant ! Et là : HEADSHOT ! Au revoir et merci ! Il est massacré en un seul coup là où le troll zombie avait tenu vachement mieux ! Et Kronos ! Il se fait latter tellement facilement que c'en est risible !

Et puis un énorme détail mais si Kronos "savait" si bien que ça comment percer les secrets de la chambre forte, pourquoi ne pas y être allé accompagné d'une troupe importante ?! Les nains sont en déroute, presque massacrés, dispersés, sans chef ! Quel est l'intérêt pour lui de se rendre vulnérable en allant presque seul dans un endroit qu'il sait être aussi critique où il sait que l'élite devrait converger ? Il se ramenait avec une marée de zombies pour couvrir ses arrières et les nains étaient complètement impuissants.

Ce sont des choses qui peuvent être expliquées et racontées en très peu de temps, ça manque vraiment au récit je trouve.

Après je pense également qu'il faut faire preuve d'indulgence : l'auteur a expliqué que son livre était basiquement bien plus long et a été écourté par les décideurs pour des raisons de budget. Donc le livre avait été pensé pour être mieux expliqué à la base. Deux trois trucs me dérangent quand-même... La forteresse naine décrite comme "la mieux gardée du continent entier" qui tombe en une seule nuit ça fait quand-même zarb. Enfin...

Je m'égare, je vous apporte la suite aussitôt que possible !


Dernière édition par Farmace le Mar 31 Mai - 18:44, édité 2 fois
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pappynator

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MessageSujet: Re: The Bloodstone of Cerillion Chapitre 9   Mar 31 Mai - 17:33

kronos est loin d'être battu Wink

par contre oui, je suis d'accord pour la prise de la forteresse naine... une troupe de wraith et hop, ça pop tout seul... un peu facile tout ça
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sgt hartmann



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MessageSujet: Re: The Bloodstone of Cerillion Chapitre 9   Mer 1 Juin - 14:24

C'est un excellent chapitre, qui laisse quand même dubitatif sur certains points effectivement.. Le headshot est un peu simpliste quand même...  
Après, pour Kronos, je vois plutôt un plan où il fallait une force et une arme puissante pour détruire l'objet et que du coup, c'est pour cela qu'il s'y est rendu "seul". Le fait que ce soit Balek et non kronos qui libère la dame rouge a peut être un but..

en tout cas, merci pour la traduction de ce livre..
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Farmace
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MessageSujet: Re: The Bloodstone of Cerillion Chapitre 9   Mer 1 Juin - 15:47

PAs de quoi sgt ! je continues le boulot ! D'ailleurs on est plus très loin de la fin mine de rien^^
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Tanis

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MessageSujet: Re: The Bloodstone of Cerillion Chapitre 9   Sam 4 Juin - 20:17

Ça pue pour les héros ! Evil or Very Mad

Il y a moyen de se faire un scénario Dungeon Saga pour rejouer des parties de l'histoire ! Smile

_________________
Julo62 a écrit:
Oui oui, pour moi, la frontière entre Nord et Sud, c’est la Somme.
Et encore c’est pour que ce soit géographiquement clair !
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Farmace
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MessageSujet: Re: The Bloodstone of Cerillion Chapitre 9   Sam 4 Juin - 20:55

Je trouve que les passages dans les couloirs font très très Dungeon Saga justement, je suis certain qu'il s'en est directement inspiré ^^

C'est vrai que... entre les elfes en sous-nombre sans la petite soeur pour faire son sort de zone et les nains écrasés, dispersés, ignorant où est leur chef... Je suis assez curieux de savoir comment ils vont procéder pour se sortir de là.
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MessageSujet: Re: The Bloodstone of Cerillion Chapitre 9   

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The Bloodstone of Cerillion Chapitre 9
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